--Mon Serge! mon fils! Mérof, entré derrière elle, avait relevé la chaise et fermé la porte.
--Oui, dit Dournof à voix basse. Votre fils va mourir du croup, et vous revenez du bal!
Marianne, à genoux, sanglotait la tête dans ses mains. Son mari la regardait avec plus de mépris encore que de pitié.
--Oh! mon Dieu! criait Marianne en se tordant les mains, comme je suis punie! qu'ai-je fait pour être châtiée ainsi? Mon enfant, mon petit garçon...
Ses mains nerveuses et tremblantes dérangeaient les couvertures du berceau; Dournof la prit par le bras et la fit lever.
--Rentrez chez vous, lui dit-il d'un ton ferme.
--Je veux soigner mon fils! s'écria Marianne en se cramponnant au berceau.
Dournof mit sa large main sur l'épaule de sa femme.
--Allez changer de toilette, dit-il d'un ton impérieux. N'avez-vous pas honte de traîner ici ces chiffons?...
Marianne sortit, écrasée sous le poids de ce reproche. Son père la rejoignit après avoir échangé quelques mots avec son gendre. Sa voix fut sévère et ses conseils austères; si Marianne avait été accessible à quelque autorité, elle eût compris et obéi... Mais son âme superficielle n'était pas de celles qui se laissent faire une empreinte durable.