--Emporte ça, pas de thé! s'écria un des danseurs; ça empêche de danser, ça prend du temps, et puis on a trop chaud après.

--.Mais vous aurez soif! fit dans la salle à manger la voix de madame Frakine attablée avec deux ou trois autres mamans devant un samovar gigantesque.

--Nous boirons du kvass répond une jeune fille.

--Et puis vous nous donnerez à souper, n'est-ce pas? cria de loin une autre voix masculine.

--Oui, mes enfants, comme à l'ordinaire.

--Il y aura du fromage?

--Et des harengs?

--Oui, et du veau froid! conclut triomphalement madame Frakine.

A l'annonce de ce festin délicieux, les cabrioles recommencèrent de plus belle dans le salon voisin, et la bonne dame expliqua aux mamans étonnées de ce luxe inaccoutumé, que le matin, même, ayant reçu un quartier de veau de sa petite terre, elle l'avait fait rôtir immédiatement, afin de régaler sa belle jeunesse, comme elle disait.

--Et précisément, acheva-t-elle en voyant entrer Dournof, voici l'enfant prodigue qui vient manger son veau traditionnel.