--C'est impossible! s'écria Dournof en bondissant sur ses pieds. Ils n'ont pas fait cela!
--Ils l'ont fait.
--Et tu n'as pas résisté?
--J'ai dit à ma mère que je mourrais plutôt que de l'épouser.
--Qu'a telle dit?
--Que toutes les jeunes filles parlent de même, et elle a passé outre.
Dournof se mit à marcher de long en large dans la pièce étroite, éclairée par une seule bougie vacillante. Il avait croisé les bras et incliné sa tête sur sa poitrine, pour comprimer toutes les paroles amères qui bouillonnaient en lui, et qu'Antonine ne devait pas entendre. Il fit cinq ou six fois le tour du salon, puis s'arrêta devant la jeune fille.
--Antonine, dit il, j'ai encore de l'argent; partons tout de suite, ma mère te recevra bien, nous nous marierons là-bas. Veux tu?
Il attendit, debout devant elle, les bras toujours croisés.
--Non, dit Antonine, en le regardant avec une expression déchirante. Elle a dit qu'elle me maudirait.