--Mais mon père? dit-il à voix basse.
--Avant de mettre le feu à la maison, aveuglés par le démon, les malheureux pécheurs avaient tué Bagrianof à coups de hache.
--Mon père aussi? murmura faiblement Philippe, résistant encore à la vérité qui l'accablait.
--Ton père le premier, répondit le prêtre.
Les oiseaux chantaient dans le bois, les cigales bruissaient dans l'herbe, le soleil brillait sur la rivière; la joie de ta nature en juillet débordait rie toutes parts, pendant que Philippe, anéanti, prosterné sur le sable, demandait grâce sous l'aiguillon de la souffrance.
Le prêtre était debout devant lui, sa haute stature se dressait sur le ciel; sa main droite s'était tendue vers le jeune homme, victime expiatoire du crime paternel... Philippe ne la vit pas, ou n'osa la prendre.
--Le sang est sur moi, dit-il en frémissant.
Il se tut un moment. Mais Catherine? Catherine est innocente! Ses mains sont pures, celles de sa mère étaient pures.
--Catherine expie les fautes de l'aïeul criminel, dit tristement le prêtre. Ainsi s'accomplissent les paroles du Prophète: Les péchés des pères seront punis dans les enfants jusqu'à la quatorzième génération.
Philippe secoua douloureusement la tête.