Philippe s'était levé et marchait à grands pas ça et là. Il se tourna tout à coup vers le père Vladimir.
--Je vais voir Catherine, lui dit-il.
--Attendez encore un peu, calmez-vous...
--Non, je ne puis attendre! J'aime mieux que tout soit fini.
--Voulez-vous que je vous accompagne? dit le père Vladimir, plein d'anxiété.
--Je vous remercie, répondit Philippe: j'aime mieux être seul. Il s'éloignait la tête baissée, regardant en lui-même le gouffre où ses espérances venaient de s'engloutir... Soudain il pensa à ce que devait ressentir le confesseur qui avait remué pour lui les horreurs du passé. Il revint sur ses pas.
--Je vous remercie, mon père, lui dit-il, vous êtes bon.
Il voulait lui tendre la main, il hésita. Cette main n'était-elle pas désormais souillée aussi du sang de Bagrianof? Le prêtre le comprit et lui tendit les bras. Philippe s'y jeta sans parler. Leur étreinte fut longue et solennelle; ils se séparèrent sans ajouter un mot.
Le père Vladimir prit à pas lents le chemin de la cure, et Philippe se dirigea vers la maison Bagrianof.