Catherine s'était réveillée avec les oiseaux de son jardin, dans l'espoir d'une journée heureuse.
Vers midi, le grand silence de la chaleur s'établit sur la nature, et madame Bagrianof s'endormit dans son fauteuil, près de la fenêtre. Les stores étaient baissés; l'appartement était plein d'une douce fraîcheur; Catherine céda à ces influences; la tête appuyée contre la fenêtre, dont elle avait soulevé le store à demi, elle ferma les yeux et s'endormit doucement.
Quand elle se réveilla, Philippe était devant elle. Debout au milieu de l'allée, il la contemplait avec des yeux si plein d'amour et de douleur, qu'elle se retrouva soudain en pleine réalité. Elle se releva brusque ment. Madame Bagrianof mur mura:--Ne sors pas, il fait trop chaud;--mais Catherine passa outre et gagna rapidement le bosquet.
Philippe, à sa vue, se mit à genoux;--elle appuya doucement la main sur son épaule. Son coeur battait si fort qu'elle tremblait de la tête aux pieds. Elle s'assit, les yeux plongés au fond de ceux du jeune homme.
--Eh bien? dit-elle enfin, voyant qu'il ne parlait pas.
Elle sentait peu à peu la douleur passer des yeux de Philippe jusqu'au plus profond de son coeur ignorant du mal.
Philippe la regardait, toujours à genoux, ne pouvant parler et désirant mourir pour ne pas la voir souffrir devant lui.
--Il refuse, n'est-ce pas? dit doucement la jeune fille en laissant tomber ses mains ouvertes sur ses genoux.
--Oh! Catherine, dit Philippe tout bas, dites-moi encore une fois que vous m'aimez, donnez-moi du courage...
Catherine se mit à pleurer.