--Parce que, tant que j'aurai quelque chose, il persécutera sa femme pour me le soutirer.-- Soit, dis-je enfin quand j'eus écouté la lecture du code et les conclusions de mon conseiller. Que faut-il faire pour obtenir une séparation?

--Il y a d'abord les coups et sévices par-devant témoins...

--M. de Lincy, je l'espère du moins, n'est pas un homme à frapper ma fille. Passons.

--Il y a l'adultère du mari, constaté par l'existence d'une maîtresse sous le toit conjugal.

--Ceci ne serait peut-être pas impossible, nous verrons. Et puis?

--Il y a l'incompatibilité d'humeur;--mais si M. de Lincy a intérêt à conserver son pouvoir sur sa femme, il sera bien difficile de l'amener là. Enfin, réfléchissez, conclut le notaire; causez avec votre fille, voyez ce qu'elle préfère; si vous pouviez engager M. de Lincy à vous la rendre, sans bruit et sans scandale, cela vaudrait beaucoup mieux.

--Sans doute, mais je n'attends rien de lui...

--Même en le payant très-cher?

--Peut-être. Je reviendrai vous voir. Merci. Je le quittai, navré, et j'allai chez mon avoué.

Celui-ci me reçut avec les démonstrations du plus vif intérêt et parut parfaitement au courant de l'affaire, ce qui ne laissa pas de m'étonner. Comme je lui faisais part de ma surprise: