--Passe-moi tes notes, dis-je à Suzanne. Elle obéit et vint s'asseoir près de moi, un bras sur mon épaule, poursuivre mon travail; mais, après un examen attentif, je ne travaillai pas, et j'envoyai Suzanne se coucher.
Le lendemain, j'allai trouver madame Gauthier.
--Est-il très-nécessaire, lui dis-je sans préambule, que Suzanne fasse des analyses?
--Certainement, répondit-elle, cela va de soi.
--A quel point de vue envisagez-vous cette corvée comme une nécessité?
--Tout le monde en fait,--vous ne voudriez pas placer votre fille au-dessous du niveau le plus ordinaire?
Je méditai un instant. La nécessité de placer ma Suzanne au même niveau que les jeunes filles du catéchisme ne m'apparaissait pas comme très-évidente;--d'un autre côté, j'étais résolu, ai-je dit, à ne lui créer, en ce qui dépendait de mon initiative, aucun obstacle futur dans la vie...
--Comment font les autres petites filles? demandai-je à ma belle-mère.
Elle ne répondit pas tout de suite; j'entrevis un filet de lumière.
--Si vous faisiez, ses analyses, ma chère mère? lui glissai-je insidieusement.