--Et vous, mon gendre, pourquoi ne les feriez-vous pas? riposta madame Gauthier avec cette verdeur qui la rendait si redoutable.

--Moi? m'écriai-je, mais, moi, je ne suis pas convaincu...

--Eh bien! cela vous convaincra peut-être.

Je n'étais pas enchanté; cependant, ne voyant guère d'autre moyen de trancher la difficulté, je finis par acquiescer. Mais je voulus en échange avoir le coeur net de mes doutes:

--Alors, ce sont les mamans ou les papas qui font ces belles analyses que tout le monde admire?

--Évidemment! murmura ma belle-mère en haussant les épaules.

--Et ces messieurs les catéchistes l'ignorent? Ma belle-mère me tourna le dos, ce qui était son argument sans réplique. Fier de mon avantage, je poursuivis:

--S'ils l'ignorent, c'est eux que l'on trompe; --mais s'ils ne l'ignorent pas, c'est le cas de demander: qui trompe-t-on ici? Et la vérité, première base de la foi, et l'honneur, et la loyauté, qu'en faisons-nous en tout ceci?

--Voulez-vous que je vous dise, mon gendre? repartit ma belle-mère en tournant vers moi son visage irrité; vous devriez vous faire protestant.

Et elle me quitta, enchantée de sa sortie.