—Montez, dit Magda.

Paul arrivait auprès d'eux. Ils se blottirent tous trois dans la capote, Philippe, ravi de sentir Magda si près de lui, elle encore sous l'empire d'une émotion contenue qui l'anéantissait.

DEUXIÈME PARTIE

Depuis l'échange du baiser qui avait uni leurs vies, Magda ne cherchait plus à lutter contre l'envahissement de cet amour. Dans un entraînement de folie, elle jouissait de la présence de Philippe, des mots qu'il lui disait, de la tendresse ardente qu'il lui témoignait lorsqu'ils se trouvaient un instant seuls. Elle ne songeait pas au dénouement de cette situation. Tout entière au bonheur d'aimer, d'être aimée, elle entrait dans la phase délectable des désirs encore chastes et des enivrements qu'ils causent.

La vie lui paraissait bonne, tout lui devenait joie; elle s'épanouissait comme une fleur, et ses amis plus que jamais sous son charme, éblouis de cette transformation, n'en cherchaient pas la cause.

Elle n'était plus seulement la charmante, mais l'affolante Magda. Elle n'avait plus trente-six ans, mais vingt ans; son sang fluide courait sous la pâleur de sa chair et lui rendait l'éclat de la jeunesse; ses yeux semblaient mouillés, attendris de désirs réprimés; elle devenait belle de la beauté païenne, tentatrice, et comme elle avait une âme haute, le mélange de ces deux forces la rendait irrésistiblement séduisante.

Marie-Anne lui disait:

—Qu'as-tu? Tu es si belle, si au-dessus de nous toutes, si charmante, si enchanteresse, que j'en arrive à chercher tes ailes?