Magda se serra contre Philippe dans un transport d'amour.

Lui, trop ému pour parler, la fit asseoir et la tint longtemps appuyée contre son cœur; ils étaient retombés dans l'extase.

A peine dînèrent-ils; une grande émotion les étreignait. Ils rentrèrent dans la chambre. Magda, surprise de son trouble, se sentit prête à se moquer d'elle-même et essaya vainement d'être gaie. Ils avaient soif, l'émotion leur brûlait la gorge.

Philippe, un instant, s'éloigna pour aller chercher une coupe de champagne. Pendant sa courte absence Magda s'était levée; elle vint jusqu'à la psyché, s'y regarda machinalement et se trouva laide. Son costume noir faisait tache dans la douceur des tons effacés de la tenture du logis. Tristement elle pensa:

«Ceci représente bien ta situation, pauvre femme! Tu viens en deuil de tes désirs morts, de tes rêves évanouis, en deuil des beautés de ton corps, des trésors de ton cœur déjà vieux, dans une maison parée pour l'amour. Tu viens t'offrir à un être plein d'espérance, de jeunesse et de beauté; va, pauvre folle! Regarde ce deuil de ta robe, qui sera peut-être l'image de ta vie amoureuse!»

Et des larmes coulèrent sur ses joues.

Philippe rentra. En la voyant immobile et triste devant la glace, il devina ses pensées et, l'arrachant par un baiser à sa contemplation, il dit:

—Chère, la robe que vous portez n'est point celle qui vous convient ici. Il y a là un peignoir fait pour vous.

Il lui présenta une longue robe de satin blanc garnie d'une dentelle ancienne. Magda, extasiée, s'étonna qu'il eût ainsi, dans un génie de tendresse, pensé à tout.

—Ma bien-aimée, murmura Philippe, permettez-vous que je sois votre femme de chambre?...