Elle n'eut pas la force de répondre.
Alors, avec une habileté qu'elle ne s'expliquait pas, doucement il la dévêtit et lui passa la robe.
Magda, brisée d'émotion, se blottit contre Philippe. Chaque minute qui s'écoulait leur semblait contenir une dose d'ivresse capable de les faire mourir de joie, et dans ce grand silence de leurs lèvres ils entendaient le bruit des battements de leur cœur...
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Ce furent d'inoubliables heures. Il se trouva que Magda était l'absolu rêve de Philippe, comme Philippe était l'absolu rêve de Magda; rien de discord entre eux: ils étaient l'un pour l'autre la chair de leur chair, l'âme de leur âme.
Magda, au lieu du remords qu'elle s'attendait à ressentir, ne songeait à rien, tant il y avait harmonie entre leurs deux êtres. Pas un geste, pas un mot, pas une pensée, durant ces heures d'amour, n'avaient rompu le charme dont tous deux s'étaient sentis enveloppés.
Philippe semblait encore plus heureux que Magda. Il avait déjà tenté d'aimer, et jamais aucune femme ne lui avait donné une pareille plénitude de sensations. Il trouvait en elle une pudeur, un abandon, une passion qui centuplaient ses joies. Ils venaient de faire un mariage de cœur, avec une telle conformité d'émotions passionnelles que, par rare exception, le fait se trouva plus merveilleux que l'idée, le plaisir plus puissant que le désir. Cette fois, la possession fortifia l'amour. L'exaltation d'âme de Magda absolvait sa chute. Tout l'art d'aimer de Philippe procédait de son cœur, non de son cerveau. Des baisers en fleurs étaient sur leurs lèvres, un désir toujours renaissant les étreignait, leur sang semblait avoir rompu ses artères pour couler en flux houleux à travers leur corps.
Ils s'éveillèrent inassouvis et leurs yeux, en plongeant dans leurs yeux, eurent des éblouissements de joie.