En s'apprêtant pour partir, Magda fut surprise de se trouver étrangement belle Avec un culte païen pour son corps qui venait de se révéler si puissamment séducteur, et qu'elle sentait avoir une part égale à celle de son cœur dans la conquête de Philippe, elle répandit des parfums sur elle et s'en imprégna toute.

Surtout étonnée de l'expression de ses yeux, elle songeait:

—«L'amour m'a rendu la jeunesse.»

Elle rentra au salon où l'attendait Philippe. Il avait groupé quelques-unes des fleurs épandues sur le lit et les serrait dans un petit meuble de forme frêle.

—Ceci, Magda, est le tabernacle; ces fleurs s'y faneront et y demeureront en souvenir de la chère nuit d'amour.

Il se retourna vers Magda, la vit transfigurée; alors s'agenouillant à ses pieds:

—Vous êtes belle, ma bien-aimée, si belle que je me trouve indigne de vous. Ah! je vous aime... je vous aime et c'est pour la vie, je le sens.

Elle le releva, le baisa doucement au front et dit:

—Moi aussi, mon Philippe, je vous aime.

Le son de sa voix emplit de béatitude le cœur du jeune homme; ils se serrèrent l'un contre l'autre et durent se faire violence pour s'arracher à ces tendresses...