—Oui! répondit une harmonieuse voix de femme qui semblait venir du fond de la maison.
Il attendit encore un instant, le sourire disparut lentement de ses lèvres, et son visage reprit sa sombra expression d'auparavant. Il leva la tête et fit signe au chien.
Il siffla doucement. Veldine était plus près de lui qu'il ne l'avait cru, et bondit de l'épais feuillage sous lequel se dissimulait près de la chaumière une petite source venant de la dune.
—Diable de chienne! Faut-il toujours que tu boives? grommela-t-il d'un ton mécontent. Mais changeant sur-le-champ, il se dit à lui-même à demi-voix: «Si Jeannette savait que je me suis fâché contre Veldine! Je mérite d'être malheureux aujourd'hui.
Triste prévision pour celui qui va en chasse!
Antoine le chasseur pressa le pas et atteignit bientôt le village. La chienne sembla regarder les terres labourées comme sa destination et s'éloigna à droite. Antoine la rappela.
—Ici, Veldine! dit-il d'une voix affectueuse, il faut monter, ma chère. Ils n'ont pas encore besoin du chaume; il y a encore assez à paitre sur la dune. Et il tourna à droite.
—Allez-vous là-haut, Antoine? dit Jean, qui était déjà levé et en campagne aussi et qui parut tout à coup en blouse grise avec des boutons de chasse, un bâton à la main et un chapeau avec ruban vert.
—Oui, Jean, répondit le chasseur, ils sont encore trop occupés sur la brande[1].
—Vous dites vrai, répondit le garde du bois de Bergen, car c'était lui. Ne voulez-vous pas allumer? dit-il, et il lui tendit amicalement sa pipe.