—Je vous demande pardon, madame, répondit M. Bruis; je n'y connais personne que monsieur votre mari, et notre connaissance a déjà bien vieilli! ajouta-t-il avec un soupir.

—Ainsi vont les choses, dit madame Deluw. Encore une tasse de thé?

—Merci, merci!

Madame Deluw se leva, fit une révérence et pria monsieur de vouloir bien l'excuser pour un instant; sur quoi elle partit. La petite fille de cinq ans ne hurlait plus, mais s'accrochait toujours à la jupe de sa mère, et se fit traîner par elle.

Lorsque sa femme eut disparu, le cœur aimant du docteur Deluw reprit le dessus; il se fût volontiers enfoncé avec son vieil ami dans le bon vieux temps, dans les plaisirs de Leyde, dans les souvenirs de la Saucière appétissante, et je ne sais quoi encore, mais il jugea bon toutefois d'éloigner préalablement son sournois de treize ans.

—Je ne comprends pas, Willem, dit-il, que tu n'ailles pas pêcher à la ligne!

—Pêcher à la ligne! riposta l'enfant en tirant la langue, voilà un beau plaisir, ma foi!

—Ou bien à la balançoire avec ta sœur.

—Allons donc, la balançoire!

—Le jeune monsieur paraît aimer la lecture, dit monsieur Bruis.