Cette formalité accomplie, monsieur Van der Hoogen prit place sur le siège qui lui était offert, porta la main droite à la hauteur de l'épaule droite et la passa dans l'entournure de son gilet broché, de sorte que sa fine taille parut avec tous ses avantages, et dit d'une voix claire et sèche à madame Kegge:

—Et comment vont Azor et Mimi?... deux charmants animaux. Je dînais hier, cher monsieur Van Vragel... À propos, vous savez que mademoiselle Constance a aussi un joli petit chien...

—Je le sais, c'est un King-Richard, dit Henriette, une délicieuse bête...

—N'est-ce pas, délicieuse et toute charmante; mais cependant elle n'est pas à comparer à Azor et Mimi.

—Pensez-vous vraiment cela? demanda madame Kegge avec une visible satisfaction.

—Oh, madame, répondit Van der Hoogen avec exaltation, c'est la différence du ciel à la terre. Aussi n'ai-je pu m'empêcher de dire: Mademoiselle Constance, votre petit chien est charmant, mais les chiens de madame Kegge sont plus charmants encore.

Je n'avais pas encore vu autant de vie sur le visage de madame Kegge; avec une sorte d'enthousiasme, elle donna un morceau de sucre à Azor et à Mimi couchés à côté d'elle sur un tabouret, et elle les caressa tellement que leurs têtes resplendirent comme des miroirs.

Monsieur Van der Hoogen s'adressa à Henriette:

—Je puis vous dire, mademoiselle Henriette, que mademoiselle Constance jalouse vos marabouts; elle vous les a vus dernièrement à l'église. Elle m'a dit hier: Monsieur Van der Hoogen, vous connaissez sans doute la famille Kegge? J'ai répondu que j'avais eu l'honneur d'être présenté ici. Eh bien, reprit-elle, je puis dire que je suis folle des marabouts de mademoiselle Kegge. Ce sont des marabouts tout à fait charmants.—Nous avons eu ensuite toute une conversation sur vous...

—Vraiment? demanda Henriette en le regardant d'un air incrédule. Fi! monsieur Van der Hoogen, vous vous moquez de moi.