Ach mein lieber Augustin, Augustin, Augustin!
C'était la boîte à carillon de la lampe que ma tante avait remontée un peu auparavant, en feignant de chercher de petites cuillers dans la boîte qui se trouvait devant l'éléphant. Je compris alors pourquoi elle avait tant insisté pour que madame Dorbeen différât de réciter ses vers.
Les yeux de madame Dorbeen, tout prêts à rouler en accompagnant ce vers:
Je voudrais à jamais m'y trouver enchaîné!
se mirent à rouler avec la rapidité d'une locomotive:
—Qu'est que c'est que cela? s'écria-t-elle.
—C'est une valse, dit son mari.
—Ne prenez pas la chose en mal, Madame! dit ma tante d'une voix suppliante; je l'avais remontée. C'est la musique de la lampe. C'est ce qu'il y a de joli dans la chose, c'est qu'elle commence, quand on ne s'y attend pas, un petit temps après qu'elle est remontée. C'était pour faire une surprise aux amis. J'avais espéré que vous déclameriez plus tard,—et maintenant la musique vient bien mal à propos.
Ma tante était si confuse qu'en ce moment elle eût volontiers brisé la tête à l'éléphant de bronze, mais il n'y avait rien à faire, et le susdit éléphant poursuivait avec une aveugle entrain:
Ach mein lieber Augustin!