—Tout est possible, ma chère, répondit celui-ci, en parcourant derechef la lettre du regard. Et un joyeux sourire illumina ses traits.
—Mais ne faut-il pas pour cela avoir un certain âge? demanda madame Witse, en baissant modestement les yeux et en coupant sa tartine en morceaux avec une attention particulière.
—De quoi voulez-vous parier? demanda M. Witse, qui avait la même idée que sa femme.
—Mais, répondit la bonne femme en considérant la pointe de son couteau avec une extrême obstination, mais pour devenir une chose ou l'autre.
—Comment, une chose ou l'autre, petite mère? demanda en riant son époux, qui brûlait du désir d'entendre sortir des lèvres de sa moitié le mot que lui-même n'osait prononcer.
—Mais, répondit madame Witse, quel âge avait le jeune (comment donc s'appelle-t-il?) quand il est devenu professeur?
—Tut! tut! tut! dit M. Witse, dont les yeux étincelaient de plaisir et dont la face était agitée par des mouvements nerveux, il ne faut pas voler si haut, petite mère, qu'il devienne seulement un bon médecin et ce sera très-bien.
—Sans doute, reprit la mère, fâchée d'avoir parlé si imprudemment; c'est seulement pour dire, et cela n'est nullement nécessaire. Quant à moi, je serais très-contente quand il ne ferait que réussir dans la pratique. Aussi bien, ne pouvons-nous tout exiger.
—Assurément non! dit M. Witse.
—Et puis, continua madame, qui sait si cela serait bon pour lui? Un professeur doit étudier si terriblement!