—Demain notre candidat arrive à la maison, dit monsieur Witse.
—Notre quoi? demanda madame son épouse.
—Notre étudiant; répondit monsieur Witse. Mais il est candidat maintenant. Il m'écrit qu'il a dû subir son examen hier. Cela se sera bien passé, je n'ai pas d'inquiétude là-dessus.
—Nous avons bien de la satisfaction de cet enfant-là, dit madame Witse en versant de l'eau sur le thé. N'ai-t-il pas passé son examen extraordinairement vite?
—Assurément, ma chère, assurément. Il est à Leyde depuis cinq ans seulement, et il a mis trois ans à son premier examen.
—Sa propédentique[1], n'est-ce pas? dit gravement madame Witse, toute fière d'avoir si bien appris à prononcer ce mot difficile.
—Justement, ma chère! c'est là une chose que la plupart des étudiants traitent avec légèreté; mais lui, il s'en est occupé particulièrement. Vois-tu, il nous coûte là-bas une bonne somme d'argent, mais la médecine, je l'ai toujours entendu dire, est une rude et difficile étude, et il ne faut pas qu'il néglige rien.
—Mais combien cela durera-t-il encore, maintenant que le voilà candidat?
—Je n'en sais rien. Il voulait aussi étudier la chirurgie et l'obstétrique, et cela demandera encore assez de temps. Mais qui sait aussi à quoi il est destiné?
—En vérité, croiriez-vous cela? demanda madame Witse en laissant à mi-chemin le couteau avec lequel elle coupait une tartine, et en regardant fixement son mari.