—Non, ma tante! répondit de l'air le plus innocent Clara qui le savait parfaitement.
—Primus, reprit la tante d'une voix affable qu'accentua un ton doctoral, c'est quand on est le premier de sa classe mais à l'école latine, sais-tu. Alors, il y a distribution des prix à l'église française, et alors tous les primus font des gratias. Sais-tu ce que c'est qu'un gratias?
—Non, ma tante.
—Eh, mon Dieu, tu ne sais pas ce que c'est qu'un gratias? demandèrent en même temps madame Vernooy et son mari.
—Non, en vérité.
—Tu ne sais pas cela? poursuivit la tante; c'est un remerciement pour le prix qu'on reçoit. J'allais toujours avec madame Witse quand il y avait distribution, mais cela s'appelait alors proprement promotion. Mon Dieu, Gerrit faisait cela si gentiment; le cœur me battait quand son tour arrivait. J'ai su longtemps ce que disait le recteur: comment donc était-ce?
—Oui, dit Vernooy, comment était-ce? Acide Witse...
—Et excipe pryzia; oui, Clara, je sais aussi mon latin. Te rappelles-tu encore la dernière fois, Vernooy?
—Sans doute! répondit celui-ci avec aplomb, bien que les différentes fois n'eussent laissé dans sa mémoire que les souvenirs les plus confus.
—C'était le plus grand de tous les élèves, poursuivit sa femme. Oh, c'était si drôle de voir un si grand garçon au milieu de tous ces petits! Mais aussi c'était le seul qui eût un habit. Et ses gants neufs, t'en souviens-tu, Vernooy?