Où? Tout à côté, peut être; il serait donc utile de faire en cet endroit de nouvelles fouilles. M. Durville fortifie mon opinion en rapportant:
«Qu'on a trouvé en même temps un pied chaussé d'un cothurne et une troisième main. D'un autre côté, le nom de melos a le plus grand rapport avec le mot qui signifie pomme. Ce rapprochement ne serait-il pas indiqué par l'attribut principal de la statue?
«Les deux Hermès l'accompagnaient dans sa niche; du reste, ils n'ont rien de remarquable. Leur hauteur est de trois pieds et demi; l'un est surmonté d'une tête de femme ou d'enfant, et l'autre porte une figure de vieillard avec une longue barbe; l'entrée de la niche était surmontée d'un marbre de quatre pieds et demi environ de longueur sur six à huit pouces de largeur; il portait une inscription, dont la première moitié seule a été respectée par le temps; l'autre est entièrement effacée; cette perte est inappréciable; peut-être eussions-nous acquis par là quelques lumières sur l'histoire de cette île, que tout prouve avoir été jadis très-florissante et dont le sort nous est inconnu depuis l'invasion des Athéniens, c'est-à-dire depuis vingt-deux siècles.
«Au moins eussions-nous appris à quelle occasion et par qui ces statues avaient été consacrées. Néanmoins j'ai copié avec soin les caractères qui restaient de cette inscription, et je puis les garantir tous, excepté le premier, dont je ne suis pas sûr.»
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(Extrait des annales maritimes et coloniales, mars 1821, pag. 152.)
Peut-être Tisandre[93], sculpteur, qui fit diverses statues des plus grands capitaines de la guerre du Péloponèse, et que Pausanias cite comme un habile artiste, est-il l'auteur de cette statue; au moins on a des raisons pour le conjecturer, d'après l'inscription tronquée qu'on voit sur un morceau de marbre séparé et formant sa base. On y lisait andros, la première syllabe a disparu.]
[94: Voyage en Phocide, liv. X. page 180.
Note de l'Auteur. ]
[95: Nous retrouvons perpétuellement cette nation pour contrecarrer nos moindres entreprises. Des altercations se sont élevées entre nos voyageurs et les consuls anglais, relativement à la possession du Zodiaque du temple de Tyntira, ou Denderah, dont les soins, les travaux et la persévérance de M. Lorrain ont enrichi sa patrie. La cause fut portée au conseil du pacha d'Égypte, qui trancha la difficulté en faveur de la France. J'aime à le croire, l'influence du jeune Osman, favori de Méhémed, dont nous avons été personnellement à même d'apprécier à Paris l'attachement, et je dirais presque le dévouement pour notre pays, aura sans doute bien contribué à une décision aussi favorable que juste. J'ai entendu conter à cet Osman un fait peu connu: «Si certains agens de votre gouvernement s'y fussent bien pris, me dit-il un jour, l'aiguille de Cléôpatre ne serait pas à Londres, mais à Paris.» Malgré certains bruits que je crois absurdes, espérons que les Anglais n'obtiendront pas, par de nouvelles ruses et par des transactions désavantageuses, cette grande page de l'Histoire ancienne, je veux dire le Zodiaque de Tyntira, qu'ils convoitent depuis si long-temps, et qu'ils n'ont pu conquérir par un droit légal; autrement la paix avec ce peuple serait pour nos arts cent fois plus préjudiciable que la guerre.