VIII

C'est qu'il y a une philosophie sous toute littérature. Au fond de chaque œuvre d'art est une idée de la nature et de la vie; c'est cette idée qui mène le poëte; soit qu'il le sache, soit qu'il l'ignore, il écrit pour la rendre sensible, et les personnages qu'il façonne comme les événements qu'il arrange ne servent qu'à produire à la lumière la sourde conception créatrice qui les suscite et les unit. C'est la noble vie du paganisme héroïque et de la Grèce heureuse qui apparaît chez Homère. C'est la douloureuse et violente vie du catholicisme exalté et de l'Italie haineuse qui apparaît chez Dante; en sorte que de chacun d'eux on pourrait tirer une théorie de l'homme et du beau. Il en est ainsi des autres; c'est pourquoi, selon les variations, la naissance, la floraison, le dépérissement ou l'inertie de la conception maîtresse, la littérature varie, naît, fleurit, dégénère ou finit. Quiconque plante l'une, plante l'autre; quiconque sape l'une, sape l'autre. Mettez dans tous les esprits d'un siècle une grande idée neuve de la nature et de la vie, de telle façon qu'ils la sentent et la créent de tout leur cœur et de toutes leurs forces; et vous les verrez, saisis du besoin de l'exprimer, inventer des formes d'art et des groupes de figures. Arrachez de tous les esprits d'un siècle toute grande idée neuve de la nature et de la vie, et vous les verrez, privés du besoin d'exprimer les pensées capitales, copier, se taire, ou radoter.

Que sont-elles devenues, ces pensées capitales? Quel travail les a élaborées? Quelles recherches les ont nourries? Ce n'est pas le zèle qui a manqué aux travailleurs. Au douzième siècle, l'élan des esprits est admirable. À Oxford, il y avait trente mille écoliers. Nul édifice à Paris n'eût pu contenir la foule des disciples d'Abeilard; quand il se retira dans une solitude, ils l'accompagnèrent en telle multitude, que le désert devint une ville. Nulle peine ne les rebutait. Il y a tel récit d'un jeune garçon qui, meurtri par son précepteur, veut à toute force le garder, afin d'apprendre. Quand arriva la terrible encyclopédie d'Aristote, toute défigurée et inintelligible, on la dévora. La seule question qui leur fut livrée, la question des universaux, si abstraite, si sèche, si embarrassée par les obscurités arabes et les raffinements grecs, pendant des siècles, ils s'y acharnèrent. Si lourd et si incommode que fût l'instrument qui leur était transmis, le syllogisme, ils s'en rendirent maîtres, ils l'alourdirent encore, ils l'enfoncèrent en tout sujet dans tous les sens. Ils construisirent des livres monstrueux, par multitudes, cathédrales de syllogismes, d'une architecture inconnue, d'un fini prodigieux, exhaussées avec une contention de tête extraordinaire et que toute l'accumulation du labeur humain n'a pu égaler que deux fois[219]. Ces jeunes et vaillants esprits avaient cru apercevoir le temple du vrai; ils s'y ruèrent la tête basse, par légions, avec une vélocité et une énergie de barbares, enfonçant la porte, escaladant les murs, précipités dans l'enceinte, et se trouvèrent au fond d'une fosse. Trois siècles de travail au fond de cette fosse noire n'ajoutèrent pas une idée à l'esprit humain.

Car regardez les questions qu'ils y agitent. Ils ont l'air de marcher et ils piétinent en place. On dirait, à les voir suer et peiner, qu'ils vont tirer de leur cœur et de leur raison quelque grande croyance originale; et toute croyance leur est imposée d'avance. Le système est fait, ils ne peuvent que l'ordonner et le commenter. La conception ne vient pas d'eux, mais de Byzance. Cette conception, infiniment compliquée et subtile, œuvre suprême du mysticisme oriental et de la métaphysique grecque, si disproportionnée à leur jeune intelligence, ils vont s'user à la reproduire, et, par surcroît, accabler leurs mains novices sous le poids d'un instrument logique qu'Aristote avait construit pour la théorie, non pour la pratique, et qui devait rester dans le cabinet des curiosités philosophiques sans jamais être porté dans le champ de l'action. «Si[220] la divine essence a engendré le Fils ou a été engendrée par le Père.—Pourquoi les trois personnes ensemble ne sont pas plus grandes qu'une seule?—Que les attributs déterminent les personnes, et non pas la substance, c'est-à-dire la nature.—Comment les propriétés peuvent être dans la nature de Dieu et ne pas la déterminer.—Si les esprits créés sont locaux et circumscriptibles.—Si Dieu peut savoir plus de choses qu'il n'en sait.» Voilà les idées qu'ils remuent; quelle vérité en peut sortir? De main en main la chimère grandit, ouvre davantage ses vastes ailes ténébreuses[221]. «Si Dieu peut faire que le lieu et le corps étant conservés, le corps n'ait point de position, c'est-à-dire d'existence en un lieu.—Si l'impossibilité d'être engendré est une propriété constitutive de la première personne de la Trinité.—Si l'identité, la similitude et l'égalité sont en Dieu des relations réelles.» Duns Scott distingue trois matières: la matière premièrement première, la matière secondement première, la matière troisièmement première; selon lui, il faut franchir cette triple haie d'abstractions épineuses pour comprendre la production d'une sphère d'airain. Sous un tel régime, l'imbécillité apparaît vite: saint Thomas lui-même examine «si le corps du Christ ressuscité avait des cicatrices, si ce corps se meut au mouvement de l'hostie et du calice pendant la consécration, si au premier instant de sa conception le Christ a eu l'usage du libre arbitre, si le Christ a été tué par lui-même, ou par un autre.» Vous vous croyez au bout de la sottise humaine? Attendez. Il cherche «si la colombe dans laquelle apparut le Saint-Esprit était un animal véritable; si un corps glorifié peut occuper un seul et même lieu en même temps qu'un autre corps glorifié; si dans l'état d'innocence tous les enfants auraient été mâles.» J'en passe sur les digestions du Christ, et d'autres bien plus intraduisibles[222]! C'est là qu'aboutit le docteur le plus accrédité, l'esprit le plus judicieux, le Bossuet du moyen âge. Même dans cette enceinte de niaiseries, la réponse est prescrite; Roscelin et Abeilard sont excommuniés, exilés, enfermés, parce qu'ils s'en écartent. Il y a un dogme complet, minutieux, qui barre toutes les issues; nul moyen d'échapper; après cent tours et cent efforts, il faut venir tomber sous une formule. Si par le mysticisme vous tentez de vous envoler au-dessus, si par l'expérience vous essayez de creuser au-dessous, des mains crochues et violentes vous attendent à la sortie. Le savant passe pour magicien, l'illuminé pour hérétique; les Vaudois, les Cathares, les disciples de Jean de Parme, sont brûlés; Roger Bacon meurt à temps pour ne pas être brûlé. Sous cette contrainte on cesse de penser; car qui dit pensée dit effort inventif, création personnelle, œuvre agissante. On récite une leçon et on psalmodie un catéchisme; même au paradis, même dans l'extase et dans les plus divins ravissements de l'amour, Dante se croit tenu de faire acte de mémoire exacte et d'orthodoxie scolastique. Que sera ce des autres? Il y en a qui vont, comme Raymond Lulle, jusqu'à inventer une machine à raisonnement pour tenir lieu de l'intelligence. Vers le quatorzième siècle, sous les coups d'Occam, cette science verbale elle-même se décrépit; on reconnaît que ses entités ne sont que des mots; elle se discrédite. En 1367, à Oxford, de trente mille étudiants, il en restait six mille; on pose encore des Barbara et des Felapton, mais par routine. Chacun traverse à son tour et machinalement le petit pays des chicaniers râpés, s'écorche dans les broussailles des ergotages et se charge d'une dossée de textes: rien de plus; le vaste corps de sciences qui devait former et vivifier toute la pensée de l'homme s'est réduit à un manuel.

Ainsi peu à peu, par degrés, la conception qui féconde et régit les autres s'est desséchée; la profonde source d'où ruissellent toutes les eaux poétiques est vide; la science ne fournit plus rien au monde. Quelles œuvres le monde peut-il encore produire? Comme plus tard l'Espagne, renouvelant le moyen âge, après avoir éclaté splendidement et follement par la chevalerie et la dévotion, par Lope et Calderon, par saint Ignace et sainte Thérèse, s'énerva elle-même par l'inquisition et la casuistique, et finit par tomber dans le silence de l'abêtissement; ainsi le moyen âge, devançant l'Espagne, après avoir étalé l'héroïsme insensé des croisades et les extases poétiques du cloître, après avoir produit la chevalerie et la sainteté, saint François d'Assise, saint Louis et Dante, s'alanguit sous l'inquisition et la scolastique, pour s'éteindre dans les radotages et le néant.

Faut-il citer toutes ces bonnes gens qui parlent sans avoir rien à dire? On les trouvera dans Warton[223]: des traducteurs par douzaines, qui importent les pauvretés de la littérature française et imitent des imitations; des rimeurs de chroniques, les plus plats des hommes, et qu'on ne lit que parce qu'il faut prendre l'histoire partout, même chez les imbéciles; des faiseurs et des faiseuses de poëmes didactiques, qui compilent des vers sur l'éducation des faucons, sur les armoiries, sur la chimie; des rédacteurs de moralités qui inventent pour la centième fois le même songe, et se font enseigner par la déesse Sapience l'histoire universelle. Comme les écrivains de la décadence latine, ces gens ne songent qu'à transcrire, à compiler, à abréger, à mettre en manuels, en mémentos rimés, l'encyclopédie de leur temps.

Voulez-vous écouter le plus illustre, le grave Gower, «moral Gower,» comme on l'appelle[224]? Sans doute, de loin en loin, il y a en lui quelque reste de brillant, quelque grâce. Il ressemble au vieux secrétaire d'une cour d'amour, André le Chapelain ou tout autre, qui passerait le jour à enregistrer solennellement les arrêts des dames, et le soir, appesanti sur son pupitre, verrait dans un demi-songe leur doux sourire et leurs beaux yeux. La veine ingénieuse et épuisée de Charles d'Orléans coule encore dans ses ballades françaises. Il a la même délicatesse mignonne, presque un peu mignarde. La pauvre petite source poétique coule encore en minces filets diaphanes sur les cailloux lisses, et murmure avec un joli bruissement si faible, que parfois on ne l'entend pas. Mais que le reste est lourd! Son grand poëme, Confessio amantis, est un dialogue entre un amant et son confesseur, imité en grande partie de notre Jean de Meung, ayant pour objet, comme le Roman de la Rose, d'expliquer et de subdiviser les empêchements de l'amour. Toujours reparaît le thème suranné, et par-dessus l'érudition indigeste. Vous trouverez là une exposition de la science hermétique, un cours sur la philosophie d'Aristote, un traité de politique, une kyrielle de légendes antiques et modernes ramassées dans les compilateurs, gâtées au passage par la pédanterie de l'école et l'ignorance du siècle. C'est une charretée de décombres scolastiques; le cloaque s'écroule sur ce pauvre esprit, qui de lui-même était coulant et limpide, mais qui, maintenant obstrué de tuiles, de briques, de plâtras, de débris rapportés de tous les coins du monde, ne se traîne plus qu'obscurci et ralenti. Gower, un des plus savants hommes de son temps[225], suppose «que le latin fut inventé par la vieille prophétesse Carmens; que les grammairiens Aristarchus, Donatus et Didymus réglèrent sa syntaxe, sa prononciation et sa prosodie; qu'il fut orné des fleurs de l'éloquence et de la rhétorique par Cicéron; puis enrichi de traductions d'après l'arabe, le chaldéen, et le grec, et qu'enfin, après beaucoup de travaux d'écrivains célèbres, il atteignit la perfection finale dans Ovide, poëte des amants.» Ailleurs, il découvre qu'Ulysse apprit la rhétorique de Cicéron, la magie de Zoroastre, l'astronomie de Ptolémée et la philosophie de Platon. Et quel style! si long, si plat[226], si interminablement traîné dans les redites, dans le plus minutieux détail, garni de renvois au texte, comme d'un homme qui, les yeux collés sur son Aristote et sur son Ovide, esclave de son parchemin moisi, ne fait que transcrire et mettre des rimes bout à bout! Écoliers jusqu'à la vieillesse, ils ont l'air de croire que toute vérité, tout esprit est dans leur gros livre relié en bois, qu'ils n'ont pas besoin de trouver ou d'inventer par eux-mêmes, que tout leur office est de répéter, que c'est là l'office de l'homme. Le régime scolastique a érigé en reine la lettre morte et peuplé le monde d'esprits morts.

Après Gower, Occlève, et Lydgate[227]. «Mon père Chaucer m'aurait volontiers instruit, dit Occlève, mais j'étais lourd et j'apprenais peu ou point.» Il a paraphrasé en vers un traité d'Égidius sur le gouvernement; ce sont des moralités: ajoutez-en d'autres sur la compassion d'après saint Augustin, sur l'art de mourir; puis des amours: une lettre de Cupidon datée de sa cour au mois de mai. Amours et moralités, c'est-à-dire mignardise et abstractions, tel est le goût du temps[228]; pareillement, au temps de Lebrun, d'Esménard, à l'extrême fin de notre littérature, on composait les recueils avec des poëmes didactiques et des bouquets à Chloris.—Pour le moine Lydgate, il a quelque talent, quelque imagination, surtout dans les descriptions riches; c'est le dernier éclat des littératures qui s'éteignent; on entasse l'or, on incruste les pierres précieuses, on tourmente et on multiplie les ornements, dans les habits, comme dans les bâtiments, comme dans le style[229]. Voyez les costumes sous Henri IV et Henri V, les coiffures monstrueuses en cœur ou en cornes, les longues manches chargées de dessins fantastiques, les panaches, et aussi les oratoires, les tombeaux armoriés, les petites chapelles éblouissantes qui viennent s'étaler comme des fleurs sous les nefs du gothique perpendiculaire. Quand on ne peut plus parler à l'âme, on essaye encore de parler aux yeux. Ainsi fait Lydgate; rien de plus. On lui commande des pageants ou parades, des déguisements pour la compagnie des orfévres; un masque devant le roi, un jeu de mai pour les shérifs de Londres, une mise en scène de la création pour la fête de Corpus-Christi, une mascarade, un noël; il donne le plan et fournit les vers. Sur ce point, il est intarissable: on lui attribue deux cent cinquante et un poëmes; la poésie ainsi entendue devient une œuvre mécanique; on compose à la toise. Ainsi juge l'abbé de Saint-Alban, qui, lui ayant fait traduire en vers une légende, paye cent shillings le tout ensemble, les vers, l'écriture et les enluminures, et met sur le même pied ces trois ouvrages: en effet, il ne faut guère plus de pensée dans l'un que dans l'autre. Ses trois grandes œuvres, la Chute des princes, le Siège de Troie, l'Histoire de Thèbes, ne sont que des traductions ou des paraphrases verbeuses, érudites, descriptives, sortes de processions chevaleresques, coloriées pour la vingtième fois de la même manière, sur le même vélin. Le seul point qui fasse saillie, surtout dans le premier poëme, c'est l'idée de la Fortune[230] et des violentes vicissitudes parmi lesquelles roule la vie humaine. S'il y a une philosophie en ce temps, c'est celle-là. On se conte volontiers les histoires horribles et tragiques; on les ramasse depuis l'antiquité jusqu'au temps présent; on est bien loin de la piété confiante et passionnée qui sentait la main de Dieu dans la conduite du monde; on voit que ce monde va çà et là se heurtant, se blessant comme un homme ivre. Âge triste et morne, amusé par des divertissements extérieurs, opprimé par une misère plate, qui souffre et craint sans consolation ni espérance, situé entre l'esprit ancien dont il n'a plus la foi vivante, et l'esprit moderne dont il n'a pas la science active. Le Hasard, comme une noire fumée, plane au-dessus des choses et bouche la vue du ciel. On l'imagine comme «une monstrueuse image, la face cruelle et terrible, les regards hautains et menaçants, à chacun de ses côtés cent mains, les unes qui élèvent les hommes en de hauts rangs de dignité mondaine, les autres qui les empoignent durement pour les précipiter.» On contemple les grands malheureux, un roi captif, une reine détrônée, des princes assassinés, de nobles cités détruites[231], lamentables spectacles qui viennent de s'étaler en Allemagne et en France, et qui vont s'entasser en Angleterre; et l'on ne sait que les regarder avec une résignation dure. Pour toute consolation, Lydgate récite en finissant un lieu commun de piété machinale. Le lecteur fait le signe de la croix en bâillant et s'en va. En effet, la poésie et la religion ne sont plus capables de suggérer un sentiment vrai. Les écrivains calquent et recalquent. Hawes[232] refait le Palais de la Renommée de Chaucer, et une sorte de poëme allégorique amoureux d'après le Roman de la Rose. Barcklay[233] traduit le Miroir des bonnes manières et le Vaisseau des fous. Toujours des abstractions ternes, usées, vides; c'est la scolastique de la poésie. S'il y a quelque part un accent un peu original, c'est dans ce Vaisseau des fous que traduit Barcklay, dans la Danse de la mort que traduit Lydgate, bouffonneries amères, gaietés tristes qui, par les mains des artistes et des poëtes, courent en ce moment par toute l'Europe. Ils se raillent eux-mêmes, grotesquement et lugubrement: pauvres figures plates et vulgaires, entassées dans un navire, ou qu'un squelette grimaçant fait danser au son du violon sur leur tombe. Au fond de toute cette moisissure et dans ce dégoût dont ils se sont pris pour eux-mêmes, paraît le farceur, le Triboulet de taverne, le faiseur de petits vers gouailleurs et macaroniques, Skelton[234], virulent pamphlétaire, qui, mêlant les phrases françaises, anglaises, latines, les termes d'argot, le style à la mode, les mots inventés, entre-choquant de courtes rimes, fabrique une sorte de boue littéraire dont il éclabousse Wolsey et les évêques. Style, mètre, rime, langue, tout art a fini; au-dessous de la vaine parade officielle il n'y a plus qu'un pêle-mêle de débris. Pourtant cette poésie, toute «déguenillée, en loques, bâillonnée, sale et rongée aux vers, a de la moelle[235].» Elle est pleine de colère politique, de verve sensuelle, d'instincts anglais et populaires; elle vit. Vie grossière, encore rudimentaire, ignoblement grouillante, comme celle qui apparaît dans un grand corps gisant qui se décompose. C'est la vie pourtant, avec les deux grands traits qu'elle va manifester, avec la haine de la hiérarchie ecclésiastique, qui est la Réforme, avec le retour aux sens et à la vie naturelle, qui est la Renaissance.

LIVRE II.
LA RENAISSANCE.

CHAPITRE I.
La Renaissance païenne.