Sur sa joue et sur son front pâles vint une couleur avec une lumière,—comme j'ai vu jaillir soudain une rougeur rose dans la nuit du nord.

Et elle se tourna,—son sein secoué par un soudain orage de soupirs.—Toute son âme brillait comme une aube dans la profondeur de ses yeux noirs.

Elle me dit: «J'ai caché mon sentiment, craignant qu'il ne me fît tort.»—Elle me dit: «M'aimes-tu, cousin?» Et pleurant: «Il y a longtemps que je t'aime.»

L'Amour prit le sablier du Temps et le retourna dans ses mains étincelantes.—Chaque moment, sous la secousse légère, s'écoula en sables d'or....

Bien des matins, sur la bruyère, nous avons entendu les taillis frémir;—et son souffle faisait affluer dans mes veines toute la plénitude du printemps.

Bien des soirs, auprès des eaux nous avons suivi les grands navires,—et nos âmes s'élançaient l'une dans l'autre à l'attouchement de nos lèvres.

Ô ma cousine au cœur faible! ô mon Amy qui n'es plus mienne!—Ô la triste, la triste bruyère! Ô le stérile, le stérile rivage!

Plus fausse que tout ce que le rêve peut sonder, plus fausse que tout ce que les chansons ont chanté,—poupée sous la menace d'un père, esclave d'une langue de mégère.

Est-ce bien de te souhaiter heureuse?—Après m'avoir connu,—descendre jusqu'à un cœur plus étroit que le mien!

Et cela sera. Tu vas t'abaisser jusqu'à son niveau jour par jour.—Ce qu'il y a de délicat en toi deviendra grossier pour s'assimiler à son limon.