—De sorte qu’il y a cinquante beautés, une par siècle.

—Certainement.

—Alors il n’y en a point.

—C’est comme si vous disiez qu’une femme est nue parce qu’elle a cinquante robes. »

CAUTERETS

I.

Cauterets est un bourg au fond d’une vallée, assez triste, pavé, muni d’un octroi. Hôteliers, guides, tout un peuple affamé nous investit; mais nous avons beaucoup de force d’âme, et, après une belle résistance, nous obtenons le droit de regarder et de choisir.

Cinquante pas plus loin, nous sommes raccrochés par des servantes, des enfants, des loueurs d’ânes, des garçons qui par hasard viennent se promener autour de nous. On nous offre des cartes, on nous vante l’emplacement, la cuisine, on nous accompagne, casquette en main, jusqu’au bout du village; en même temps on écarte à coups de coude les compétiteurs: « c’est mon voyageur, je te rosse si tu approches. » Chaque hôtel a ses recruteurs à l’affût; ils chassent, l’hiver à l’isard, l’été au voyageur.

Cauterets. ([Page 194.])