—Vous la brûlerez après l'avoir montrée à ma mère, dit le peintre.
Joseph Bridau s'habilla, traversa la petite place et se présenta chez son oncle, qui précisément achevait son déjeuner. Max et Flore étaient à table.
—Ne vous dérangez pas, mon cher oncle, je viens vous faire mes adieux.
—Vous partez? fit Max en échangeant un regard avec Flore.
—Oui, j'ai des travaux au château de monsieur de Sérizy, je suis d'autant plus pressé d'y aller qu'il a les bras assez longs pour rendre service à mon pauvre frère, à la Chambre des Pairs.
—Eh! bien, travaille, dit d'un air niais le bonhomme Rouget qui parut à Joseph extraordinairement changé. Faut travailler... je suis fâché que vous vous en alliez...
—Oh! ma mère reste encore quelque temps, reprit Joseph.
Max fit un mouvement de lèvres que remarqua la gouvernante et qui signifiait:—Ils vont suivre le plan dont m'a parlé Baruch.
—Je suis bien heureux d'être venu, dit Joseph, car j'ai eu le plaisir de faire connaissance avec vous, et vous avez enrichi mon atelier...
—Oui, dit la Rabouilleuse, au lieu d'éclairer votre oncle sur la valeur de ses tableaux qu'on estime à plus de cent mille francs, vous les avez bien lestement envoyés à Paris. Pauvre cher homme, c'est comme un enfant!... On vient de nous dire à Bourges qu'il y a un petit poulet, comment donc? un Poussin qui était avant la Révolution dans le Chœur de la cathédrale, et qui vaut à lui seul trente mille francs...