—Quel honnête et digne garçon! dit Léon en désignant Giraud à Canalis.
—C’est de ces probités qui tuent les gouvernements, répondit Canalis.
—A votre avis, est-ce un bon orateur?...
—Oui et non, répondit Canalis; il est verbeux, il est filandreux. C’est un ouvrier en raisonnements, c’est un bon logicien; mais il ne comprend pas la grande logique, celle des événements et des affaires: aussi n’a-t-il pas et n’aura-t-il jamais l’oreille de la Chambre...
Au moment où Canalis portait cet arrêt sur Giraud, celui-ci revint avec Maxime vers le groupe; et oubliant qu’il se trouvait un étranger dont la discrétion ne leur était pas connue comme celle de Léon et de Bixiou, il prit la main à Canalis d’une façon significative.
—Eh bien! lui dit-il, je consens à ce que propose monsieur le comte de Trailles, je vous ferai l’interpellation...
—Nous aurons alors la Chambre à nous dans cette question; car un homme de votre portée et de votre éloquence a toujours l’oreille de la Chambre, répondit Canalis. Je répondrai...
—Vous pourrez décider un changement de cabinet, car vous ferez sur un semblable terrain tout ce que vous voudrez de la Chambre et vous deviendrez l’homme de la situation...
—Maxime les a mis dedans tous les deux, dit Léon à son cousin. Ce gaillard-là se trouve dans les intrigues de la Chambre comme un poisson dans l’eau.
—Qui est-ce? demanda Gazonal.