—Il faut être bien hardie, répondit la danseuse.

—Mais si j’étais habillée ainsi, je me croirais nue, dit une autre dame.

—Oh! ce n’est pas un costume décent, répliquait le cavalier, mais elle est si belle, et il lui va si bien!

—Voyez, je suis honteuse pour elle de la perfection de sa danse. Ne trouvez-vous pas qu’elle a tout à fait l’air d’une fille d’Opéra? répliqua la dame jalouse.

—Croyez-vous qu’elle vienne ici pour traiter au nom du premier consul? demandait une troisième dame.

—Quelle plaisanterie! répondit le cavalier.

—Elle n’apportera guère d’innocence en dot, dit en riant la danseuse.

Le Gars se retourna brusquement pour voir la femme qui se permettait cette épigramme, et alors madame du Gua le regarda d’un air qui disait évidemment: —Vous voyez ce qu’on en pense!

—Madame, dit en riant le comte à l’ennemie de Marie, il n’y a encore que les dames qui la lui ont ôtée...

Le marquis pardonna intérieurement au comte tous ses torts. Lorsqu’il se hasarda à jeter un regard sur sa maîtresse dont les grâces étaient, comme celles de presque toutes les femmes, mises en relief par la lumière des bougies, elle lui tourna le dos en revenant à sa place, et s’entretint avec son cavalier en laissant parvenir à l’oreille du marquis les sons les plus caressants de sa voix.