A ces mots, Balthazar fit à son valet de chambre un signe d’intelligence que Marguerite surprit et qui l’humilia.
—Dites-moi tout ce que doit mon père, s’écria-t-elle.
—Ici, monsieur doit un millier d’écus à un apothicaire qui tient l’épicerie en gros, et qui nous a fourni des potasses caustiques, du plomb, du zinc, et des réactifs.
—Est-ce tout? dit Marguerite.
Balthazar réitéra un signe affirmatif à Lemulquinier qui, fasciné par son maître, répondit:—Oui, mademoiselle.
—Hé! bien, reprit-elle, je vais vous les remettre.
Balthazar embrassa joyeusement sa fille en lui disant:—Tu es un ange pour moi, mon enfant.
Et il respira plus à l’aise, en la regardant d’un œil moins triste, mais, malgré cette joie, Marguerite aperçut facilement sur son visage les signes d’une profonde inquiétude, et jugea que ces mille écus constituaient seulement les dettes criardes du laboratoire.
—Soyez franc, mon père, dit-elle en se laissant asseoir sur ses genoux par lui, vous devez encore quelque chose? Avouez-moi tout, revenez dans votre maison sans conserver un principe de crainte au milieu de la joie générale.
—Ma chère Marguerite, dit-il en lui prenant les mains et les lui baisant avec une grâce qui semblait être un souvenir de sa jeunesse, tu me gronderas...