—Voilà aimer, lui répondit-elle bas à l’oreille. Eh! bien, amour pour amour. Hulot est en bas, dans la rue. Ce pauvre vieux attend, pour venir ici, que je place une bougie à l’une des fenêtres de ma chambre à coucher; je vous permets de lui dire que vous êtes le seul aimé; jamais il ne voudra vous croire, emmenez-le rue du Dauphin, donnez-lui des preuves, accablez-le; je vous le permets, je vous l’ordonne. Ce phoque m’ennuie, il m’excède. Tenez bien votre homme rue du Dauphin pendant toute la nuit, assassinez-le à petit feu, vengez-vous de l’enlèvement de Josépha. Hulot en mourra peut-être; mais nous sauverons sa femme et ses enfants d’une ruine effroyable. Madame Hulot travaille pour vivre!...

—Oh! la pauvre dame! ma foi, c’est atroce! s’écria Crevel chez qui les bons sentiments naturels revinrent.

—Si tu m’aimes, Célestin, dit-elle tout bas à l’oreille de Crevel qu’elle effleura de ses lèvres, retiens-le, ou je suis perdue. Marneffe a des soupçons, Hector a la clef de la porte cochère et compte revenir!

Crevel serra madame Marneffe dans ses bras, et sortit au comble du bonheur; Valérie l’accompagna tendrement jusqu’au palier; puis, comme une femme magnétisée, elle descendit jusqu’au premier étage, et elle alla jusqu’au bas de la rampe.

—Ma Valérie! remonte, ne te compromets pas aux yeux des portiers... Va, ma vie et ma fortune, tout est à toi... Rentre, ma duchesse!

—Madame Olivier! cria doucement Valérie lorsque la porte frappa.

—Comment! madame, vous ici! dit madame Olivier stupéfaite.

—Mettez les verrous en haut et en bas à la grande porte, et n’ouvrez plus.

—Bien, madame.

Une fois les verrous tirés, madame Olivier raconta la tentative de corruption que s’était permise le haut fonctionnaire à son égard.