Les jeunes femmes qui se courbent habituellement en marchant, et dont les mouvemens sont contraints et ramassés, unissent à un caractère dissimulé un fond d'égoïsme; celles, au contraire, qui marchent franchement, dont les mouvemens sont larges et faciles, sont naturelles, généreuses et sincères.

La femme modeste marche les yeux baissés; la femme à forte passion a le pas délibéré, la tête haute. Les caractères tracassiers trottent-menu; une marche nonchalante, des mouvemens alourdis révèlent un caractère trompeur, un tempérament paresseux.

Des mouvemens brusques et fréquens sont le signe d'un caractère inconstant, inquiet et soupçonneux; la constance, la bonne foi, la discrétion, se trahissent par des mouvemens réguliers et posés, sans nonchalance. En général, une marche prompte et des mouvemens vifs annoncent chez une femme des passions fougueuses, de l'emportement dans l'esprit. Les naturels modérés ont des mouvemens réfléchis et pleins d'accord.

DE LA MISE ET DU CHOIX DES COULEURS.

On reconnaît encore au choix des vêtemens certaines parties du caractère chez les femmes. Les jeunes personnes, il est vrai, préfèrent le blanc et les nuances claires, tandis que les femmes d'un âge mûr choisissent des teintes foncées: rien de plus naturel, la jeunesse, au caractère gai, vif, sémillant, aime tout ce qui est brillant comme son humeur, tandis que la froide vieillesse recherche les nuances sombres et semble porter le deuil de l'énergie et du plaisir qui l'ont fuie; mais d'autres raisons déterminent la coupe des vêtemens, la manière de les porter, et ces raisons, on les trouve dans la tournure de l'esprit et dans la nature du caractère.

Ainsi, les femmes du Midi, plus actives que celles du Nord, aiment les vêtemens étroits et courts. Celles des départemens de l'Ouest, plus graves, plus réfléchies, portent des vêtemens amples et longs; celles de l'Est, qui pour la plupart mènent un genre de vie inactif et sédentaire, ont un costume très long et d'une coupe toute particulière. Cette différence notable de l'habillement des femmes dans les diverses parties de la France prend nécessairement sa source dans la diversité des caractères et des mœurs. En appliquant cette observation avec discernement, on doit tirer des inductions précises, et quoique la variété des costumes dans chaque ville soit bien légère, elle se trouve encore assez sensible pour révéler quelque qualité, quelque travers. Parmi vingt femmes on n'en voit jamais deux mises exactement de la même manière, et lorsqu'on veut étudier un caractère aussi léger que celui de la femme, il importe de ne rien négliger. La couleur d'une écharpe, la forme d'une collerette, la manière de draper un châle, tout doit préoccuper et fournir matière à observation dans la personne que l'on veut deviner avant de chercher à lui plaire.

DU RANG ET DE LA FORTUNE.

A voir passer une pension de jeunes demoiselles, l'observateur doit deviner le rang et la fortune de la famille à laquelle chaque jeune fille appartient. Il y a dans la marche, dans le regard, dans la manière quelque chose qui trahit la position sociale, indépendamment de la mise et de la beauté.

Dès la plus tendre enfance, la vanité et la richesse contractent une habitude de raideur, de protection qui demeure indélébile; la modeste aisance, l'honorable médiocrité, impriment un cachet de bienveillance, une allure d'honnêteté; la pauvreté, en rétrécissant les idées et les sensations, donne une timidité, une réserve méticuleuse, que ne peuvent effacer ni l'éducation ni le changement de situation. Il suffit d'une bien légère dose d'observation pour distinguer à la tournure la fille du banquier de celle du duc et pair, la femme du commis de celle de l'artiste.

DE LA VOIX.