Une voix haute et grave dénote une certaine ardeur amoureuse; une voix grêle et aiguë indique la froideur et l'égoïsme; une voix faible et criarde annonce une humeur irascible; une voix molle caractérise un naturel doux et sensible; la voix nasillarde, une mauvaise constitution; enfin la voix cassée témoigne chez les femmes qu'elles sont privées de la plus belle de leurs prérogatives, celle de devenir mères.
Un langage naturellement humble et tremblant, ou le parler arrogant et haut, sont des signes également caractéristiques.
Une parole prompte, mais bégayante, est le propre des esprits étourdis, précipités; l'excessive lenteur dans l'articulation des mots est une conséquence de la pesanteur de l'esprit.
Une élocution simple annonce chez une femme la pureté de caractère; celles qui grasseient sont ordinairement composées et mignardes; celles qui prononcent fortement les sons âpres et gutturaux sont égoïstes et intéressées.
On a dit avec esprit: «Parle afin que je te connaisse,» et Plutarque trouvait plus d'indications du caractère moral dans quelques mots lâchés sans réflexion, que dans les traits de la physionomie. Ces signes sont en effet rarement trompeurs, et l'on doit d'ailleurs remarquer que le sens des paroles d'une femme se trouve presque toujours en rapport avec la voix dont elle les prononce.
DU CHANT.
Rien n'indique mieux la disposition intérieure de la femme et son plus ou moins de penchant à la sensibilité que le genre de chant et le rhythme musical auxquels elle accorde la préférence. Ainsi, celles qui aiment les airs simples et graves annoncent un esprit réfléchi et ont dans l'imagination quelque chose de fin et d'élevé.
Les airs compliqués, chromatiques, à rhythme vif et bigarré, décèlent, dans la femme qui les chante de préférence un naturel ardent, inconséquent, étourdi. Quelque grave censeur citera peut-être à l'appui de cette observation la préférence que les grandes dames du noble faubourg accordent à l'Académie Royale-de-Musique, et l'ardeur dont les élégantes de la Chaussée-d'Antin et du quartier de la Bourse suivent les représentations des Bouffes. Les premières, en effet, admirent Gluck, vénèrent Sacchini; les autres raffolent de Rossini et de Weber.
Les femmes qui mettent le mode harmonique au-dessus de la mélodie annoncent moins de sensibilité que celles qui préfèrent cette dernière; au reste, il existe mille nuances révélatrices dans la manière dont plusieurs femmes disent le même air: chacune l'embellit et l'empreint de ses sensations et de ses sentimens.
La respiration, cette partie si importante de l'art du chant, mérite aussi l'attention sérieuse de l'observateur. On juge à une respiration faible, lente ou rare qu'une femme est délicate, timide ou froide; au contraire, une respiration pleine, prompte, sonore est le signe d'un tempérament sain et robuste.