DES GOUTS DIVERS.

Dans leurs affections, dans leurs préférences, dans leurs inimitiés, les femmes décèlent également leur caractère et leur naturel. Les cœurs simples aiment les enfans, tandis que les esprits sérieux se plaisent avec les vieillards.

L'esprit léger, la délicatesse de sentiment, se montrent dans le goût de la peinture et des fleurs.

Un vif amour pour de brillans spectacles, pour les ornemens de luxe, les décorations futiles, appartient à un naturel vain et entiché de préjugés.

Un esprit mâle s'annoncera dès l'enfance en préférant des jeux et des occupations propres à développer la force et les passions; un esprit faible ne fera jamais que des poupées.

De même que le diagnostic d'une complexion vigoureuse est d'aimer les alimens âpres, secs et grossiers, la recherche des friandises est l'indice d'un caractère tendre et d'une santé délicate. La femme qui préfère une nourriture succulente doit avoir l'esprit lourd; celle qui sera sensible et apte aux travaux de l'esprit recherchera les alimens maigres et végétaux.

Le goût pour des substances épicées, piquantes, pour les liqueurs spiritueuses, dénote un tempérament vif et violent; les alimens farineux, les boissons douces, sont préférés des caractères lents et des passions tendres.

L'usage des odeurs suaves annonce chez les femmes un penchant prononcé vers la volupté.

On a remarqué chez les femmes dont le goût est prononcé pour les liqueurs spiritueuses et les vins pétillans une grande franchise, de la générosité, une sorte de témérité; l'extrême sobriété, au contraire, est souvent le partage d'un caractère dissimulé et craintif. Les femmes qui, dans les grandes villes, à Paris surtout, ne font en général usage que d'eau pour boisson, fournissent rarement l'occasion de quelque remarque de ce genre. Heureux toutefois celui qui peut les surprendre et les juger dans ces momens où l'abandon fait percer le naturel et le dégage de feinte et d'apprêts.

DU STYLE.