GALLICANUS.[→] Ah! bonheur! bonheur! Tout répond à mes vœux.

CONSTANTIN.[→] Donnez ordre qu’on amène vos filles au plus vite.

GALLICANUS, aux Gardes.[→] Quoi! vous n’êtes pas partis, soldats? Allez, courez, amenez mes filles aux pieds de leur souveraine.


SCÈNE V.[→]

CONSTANCE, Gardes; ensuite ATTICA ET ARTÉMIA.

LES GARDES.[→] O Constance, notre maîtresse! Voici que se présentent les illustres filles de Gallicanus qui, par l’éclat de leur beauté, de leur sagesse et de leur vertu, sont tout à fait dignes de votre intimité.

CONSTANCE.[→] Bien. (On les introduit avec honneur[(12)].)—O Christ! Amant de la virginité, toi qui souffles la chasteté dans nos cœurs, et qui, exauçant les prières de ta sainte martyre Agnès, m’as préservée à la fois de la lèpre du corps et des erreurs païennes; toi qui m’as montré pour exemple le lit virginal de ta mère, où tu t’es manifesté vraiment Dieu; toi qui, avant le commencement des choses, naquis de Dieu le père, et qui, dans le temps, es né du sein d’une mère, homme véritable; je t’en supplie, vraie sagesse, co-éternelle à celle du Père, qui créas, maintiens et gouvernes l’univers; fais que Gallicanus, qui veut éteindre, en se l’appropriant, l’amour que je te porte, renonce à son injuste dessein et soit attiré vers toi; daigne aussi prendre ses filles pour épouses, et fais pénétrer goutte à goutte dans leurs pensées la douceur infinie de ton amour, en sorte qu’abhorrant tous liens charnels, elles méritent d’être admises dans la société des vierges qui te sont consacrées.

ARTÉMIA.[→] Salut, Constance, notre auguste maîtresse!

CONSTANCE.[→] Salut, mes sœurs, Attica et Artémia! Restez, restez debout; ne vous prosternez point: donnez-moi plutôt le baiser d’amour.