ARTÉMIA.[→] Nous venons avec joie vous offrir nos hommages, madame; nous nous mettons, avec un entier dévouement, à votre discrétion, seulement pour jouir de la plénitude de vos grâces.

CONSTANCE.[→] Le Seigneur seul, qui est aux cieux, doit être servi par nous avec un dévouement d’esclave. L’amour et la fidélité que nous lui devons exigent qu’unies de cœur avec lui, nous conservions la parfaite intégrité de notre corps, pour mériter d’entrer dans le palais de la céleste patrie, avec la palme des vierges.

ARTÉMIA.[→] Nous n’opposons aucune résistance; au contraire, nous nous efforcerons d’obéir à tous vos préceptes, surtout en ce qui touche la connaissance de la vérité et la résolution de conserver notre pureté virginale.

CONSTANCE.[→] Cette réponse est convenable et tout à fait digne de votre vertu[(13)]; aussi ne douté-je pas que par l’inspiration de la grâce divine, vous ne soyez déjà parvenues à croire.

ARTÉMIA.[→] Comment pourrions-nous, servantes des idoles, avoir aucune sage pensée, sans l’illumination de la bonté céleste?

CONSTANCE.[→] La fermeté de votre foi me donne l’espoir que Gallicanus aussi croira bientôt.

ARTÉMIA.[→] Il ne faut que l’instruire, et il est certain qu’il croira.

CONSTANCE, aux Gardes.[→] Faites venir Jean et Paul.


SCÈNE VI.[→]