CONSTANTIN.[→] Salutaire conseil!
GALLICANUS.[→] Je l’ai bien éprouvé. A peine avais-je ouvert la bouche pour prononcer ce vœu, que je ressentis l’effet du secours céleste.
CONSTANTIN.[→] Comment cela?
GALLICANUS.[→] Un jeune homme de haute stature m’apparut. Il portait une croix sur son épaule et m’ordonna de le suivre, l’épée à la main.
CONSTANTIN.[→] Ce jeune homme, quel qu’il fût, était un envoyé du ciel.
GALLICANUS.[→] J’en eus bientôt la preuve. A l’instant même, je vis à mes côtés des soldats dont le visage m’était inconnu, et qui me promettaient leur aide.
CONSTANTIN.[→] C’était la milice céleste.
GALLICANUS.[→] Je n’en doute point. Alors, suivant les pas de mon guide, je pénétrai sans crainte au milieu des rangs ennemis, et je parvins jusqu’à leur roi, nommé Bradan, qui, saisi tout à coup d’une incroyable terreur, et se jetant à mes pieds, se rendit avec les siens et s’engagea à payer un tribut perpétuel au maître du monde romain.
CONSTANTIN.[→] Grâces soient rendues à l’auteur de notre victoire, qui ne souffre pas que ceux qui mettent leur espoir en lui soient confondus.
GALLICANUS.[→] L’expérience me l’a bien prouvé.