CONSTANTIN.[→] Je voudrais savoir ce que firent ensuite les tribuns fugitifs.
GALLICANUS.[→] Ils s’empressèrent de se réconcilier avec moi.
CONSTANTIN.[→] Et les avez-vous reçus à merci?
GALLICANUS.[→] Moi! recevoir à merci des hommes qui m’avaient abandonné dans le péril, et s’étaient rendus à l’ennemi! non, certes.
CONSTANTIN.[→] Et que fîtes-vous?
GALLICANUS.[→] Je leur proposai un moyen d’obtenir leur pardon.
CONSTANTIN.[→] Lequel?
GALLICANUS.[→] Je déclarai que ceux qui embrasseraient la religion chrétienne rentreraient dans leur grade et recevraient même de nouveaux honneurs; et que ceux qui s’y refuseraient n’obtiendraient point leur grâce et seraient dégradés.
CONSTANTIN.[→] Cette condition était juste, et vous aviez le droit de l’imposer.
GALLICANUS.[→] Pour moi, purifié par les eaux du baptême, je me suis donné si complétement à Dieu, que je renonce même à votre fille, que j’aimais cependant plus que toutes choses au monde, afin qu’en m’abstenant du mariage, je puisse plaire au fils de la Vierge.