DIOCLÉTIEN.[→] Courbe la tête devant nos dieux, et sois pour tes sœurs un exemple qui les corrige et les sauve.
IRÈNE.[→] Que ceux qui veulent encourir la colère du Très-Haut se souillent en sacrifiant aux idoles; moi, je ne déshonorerai pas ma tête, sur laquelle a coulé l’onction du Roi céleste, en l’abaissant aux pieds de ces vains simulacres.
DIOCLÉTIEN.[→] Le culte des dieux, loin d’apporter la honte, honore extrêmement ceux qui le pratiquent.
IRÈNE.[→] Y a-t-il bassesse plus honteuse, y a-t-il turpitude plus grande que de rendre à des esclaves l’hommage que l’on doit aux maîtres?
DIOCLÉTIEN.[→] Je ne vous engage pas à adorer des esclaves, mais les dieux des maîtres et des princes.
IRÈNE.[→] N’est-il pas l’esclave du premier venu, le dieu qu’un artisan vend comme une marchandise pour un vil prix?
DIOCLÉTIEN.[→] Il faut que les supplices mettent fin à ce présomptueux verbiage.
IRÈNE.[→] Notre souhait, notre désir le plus ardent est de subir les plus cruelles tortures pour l’amour du Christ.
DIOCLÉTIEN.[→] Que ces femmes opiniâtres, qui luttent contre nos édits, soient chargées de chaînes et retenues dans les horreurs d’un cachot, pour être examinées par le gouverneur Dulcitius.