SISINNIUS.[→] Qu’un des miens bande fortement son arc, décoche une flèche et perce cette odieuse magicienne.
LES GARDES.[→] C’est là ce qui convient.
IRÈNE.[→] Rougis, malheureux Sisinnius, rougis de te voir honteusement vaincu et de n’avoir pu triompher que par la force et par les armes, de l’enfance d’une faible vierge.
SISINNIUS.[→] Je me résigne sans beaucoup de peine à cette honte, parce que je suis sûr que tu vas mourir.
IRÈNE.[→] C’est pour moi un très-grand sujet de joie, et c’en doit être un d’affliction pour toi; car, à cause de ta cruauté, tu seras damné dans le Tartare[(32)]. Moi, au contraire, j’irai recevoir la palme du martyre, et parée de la couronne de la virginité, j’entrerai dans la couche céleste du Roi éternel, à qui appartiennent l’honneur et la gloire dans tous les siècles.
III.
CALLIMAQUE.
ARGUMENT DE CALLIMAQUE.[→]
Résurrection de Drusiana et de Callimaque. Cette jeune femme étant morte dans le Seigneur, Callimaque, qui l’avait aimée vivante, désolé de l’avoir perdue et aveuglé par une passion coupable, l’aima encore dans le tombeau plus qu’il ne devait. De là sa mort misérable causée par la morsure d’un serpent; mais, grâce aux prières de l’apôtre saint Jean, il est ressuscité, ainsi que Drusiana, et renaît dans le Christ[(33)].