DRUSIANA.[→] Loin de moi! loin de moi! odieux suborneur! je rougis d’échanger plus longtemps des paroles avec vous. Je sens que vous êtes rempli des ruses du démon.
CALLIMAQUE.[→] Ma Drusiana, ne repoussez pas un homme qui vous aime, un homme qui vous est attaché de toute son âme! Répondez plutôt à son amour.
DRUSIANA.[→] Je ne fais pas le moindre cas de votre langage corrupteur; je n’ai que du dégoût pour vos désirs lascifs, et je méprise profondément votre personne.
CALLIMAQUE.[→] Je n’ai pas voulu jusqu’ici me livrer à la colère, parce que je pense que peut-être la pudeur vous empêche d’avouer l’effet que ma tendresse produit sur vous.
DRUSIANA.[→] Votre tendresse n’excite en moi que l’indignation.
CALLIMAQUE.[→] Je crois que vous ne tarderez pas à changer de sentiment.
DRUSIANA.[→] Je n’en changerai jamais, soyez-en certain.
CALLIMAQUE.[→] Peut-être.
DRUSIANA.[→] O homme insensé! amant égaré! pourquoi te tromper toi-même? pourquoi t’abuser par un vain espoir? Par quelle raison, par quel aveuglement peux-tu espérer que je cède à tes folles avances, moi qui depuis longtemps me suis abstenue de partager la couche de mon légitime époux?
CALLIMAQUE.[→] J’en atteste Dieu et les hommes, Drusiana! si tu ne cèdes pas à mon amour, je n’aurai ni repos ni relâche, que je ne t’aie enveloppée et prise dans mes piéges.