DRUSIANA.[→] Gloire et honneur à toi, Christ, qui me fais revivre.
CALLIMAQUE.[→] O ma Drusiana! grâces soient rendues à celui qui vous sauve, à celui qui vous fait renaître dans la joie, vous qui aviez atteint votre dernier jour dans la tristesse.
DRUSIANA.[→] O mon vénérable père, bienheureux Jean, il est digne de votre sainteté qu’après avoir ressuscité Callimaque qui m’aima d’un amour coupable, vous ressuscitiez aussi l’esclave qui lui a livré mon corps enseveli.
CALLIMAQUE.[→] Apôtre du Christ, ne croyez point qu’il soit digne de vous de délivrer des liens de la mort ce traître, ce malfaiteur qui m’a trompé, qui m’a séduit, qui m’a provoqué à oser cet horrible attentat.
JEAN.[→] Vous ne devez point lui envier la grâce de la clémence divine.
CALLIMAQUE.[→] Non, il n’est pas digne de la résurrection celui qui fut cause de la perte de son prochain.
JEAN.[→] La loi de notre religion nous enseigne qu’un homme doit remettre ses offenses à un autre homme, s’il souhaite que Dieu lui remette les siennes[(41)].
ANDRONIQUE.[→] Cela est juste.
JEAN.[→] Car le fils unique de Dieu, le premier né de la Vierge, qui seul est venu au monde innocent, immaculé et exempt de la tache du péché originel, a trouvé tous les hommes courbés sous le lourd fardeau du péché.
ANDRONIQUE.[→] Cela est vrai.