CALLIMAQUE.[→] J’ai tant de déplaisir de ce que j’ai fait, que je ne puis éprouver ni le désir ni le bonheur de vivre, à moins que, renaissant en Jésus-Christ, je ne mérite de devenir meilleur.

JEAN.[→] Je ne doute pas que la grâce d’en-haut ne se manifeste en vous.

CALLIMAQUE.[→] Ne tardez donc pas, ne différez pas à relever mon abattement, à adoucir ma tristesse par vos consolations, afin qu’aidé de vos avis et sous votre direction, de gentil je devienne chrétien, et que de débauché je devienne chaste; et qu’entré, sous votre conduite, dans le chemin de la vérité, je vive selon les préceptes de la promission divine.

JEAN.[→] Béni soit le fils unique de Dieu, qui a bien voulu participer à notre faiblesse, et dont la clémence, ô mon fils Callimaque, vous a tué et en vous tuant vous a vivifié! Béni soit celui qui, par ce faux semblant de trépas, a délivré sa créature de la mort de l’âme!

ANDRONIQUE.[→] Chose inouïe et digne de toute notre admiration!

JEAN.[→] O Christ! rédemption du monde, holocauste offert pour nos péchés! je ne sais par quelles louanges assez éclatantes te célébrer dignement. J’adore avec crainte ta bénigne clémence et ta clémente patience, toi qui tantôt traites les pécheurs avec une bonté de père, tantôt les châties avec une juste sévérité et les forces à la pénitence.

ANDRONIQUE.[→] Gloire à sa divine miséricorde!

JEAN.[→] Qui aurait osé le croire? qui l’aurait espéré? La mort surprend ce jeune homme tout occupé de satisfaire ses désirs coupables; elle l’enlève au moment du crime, et ta miséricorde, ô Seigneur! daigne le rappeler à la vie et lui rendre des chances de pardon! Béni soit ton saint nom dans tous les siècles, ô toi qui seul opères de si admirables prodiges!

ANDRONIQUE.[→] Et moi donc, bienheureux Jean! ne tardez pas à me consoler; car la tendresse conjugale que je porte à Drusiana ne permet à mon âme aucun repos, jusqu’à ce que je l’aie vue, elle aussi, ressuscitée au plus vite.

JEAN.[→] Drusiana, que Jésus-Christ, notre Seigneur, vous ressuscite!