ABRAHAM.[→] Je ne suis venu que pour m’entretenir de ce que je sais être agréable à la divine volonté.
ÉPHREM.[→] C’est pourquoi je ne différerai pas cet entretien d’un seul moment, et je me donne tout à votre désir.
ABRAHAM.[→] Un projet fermente dans mon esprit, et je souhaite ardemment que votre volonté réponde à mes vœux.
ÉPHREM.[→] Avec un même cœur, avec une même âme, nous devons vouloir ou ne vouloir pas les mêmes choses.
ABRAHAM.[→] J’ai une nièce toute jeune, privée de l’appui de son père et de sa mère. La compassion que m’inspire son isolement me donne pour elle la plus vive affection, et j’éprouve à son sujet de continuelles inquiétudes.
ÉPHREM.[→] Que vous font les soucis du monde, à vous qui avez triomphé du siècle?
ABRAHAM.[→] Mon seul souci est que l’éclatante beauté de ma nièce ne soit un jour ternie par la souillure du péché.
ÉPHREM.[→] Peut-on blâmer une telle crainte?
ABRAHAM.[→] J’espère que non.
ÉPHREM.[→] Quel est son âge?