ABRAHAM.[→] Marie.

ÉPHREM.[→] Il est vrai que la couronne de la virginité sied bien à l’excellence d’un tel nom.

ABRAHAM.[→] Je ne doute pas que, si nous lui adressons de douces exhortations, nous ne la trouvions facile à céder à nos conseils.

ÉPHREM.[→] Allons près d’elle, et tâchons de faire comprendre à son esprit la paisible douceur du célibat.


SCÈNE II.[→]

Les précédents, MARIE.

ABRAHAM.[→] O ma fille adoptive! ô partie de mon âme! Marie, cède à mes avis paternels et aux instructions salutaires de mon compagnon Éphrem; tâche d’imiter par la chasteté la patronne de la virginité, à qui tu ressembles déjà par le nom.

ÉPHREM.[→] Il ne convient pas, ma fille, que vous qui, par le mystère de votre nom, vous élevez sur l’axe du monde près de Marie, la mère de Dieu, au milieu des astres qui ne doivent jamais tomber, vous rampiez, inférieure en mérite, parmi les plus infimes créatures de la terre.

MARIE.[→] J’ignore le mystère de mon nom; de là vient que je ne puis comprendre ce que signifient les circonlocutions dont vous vous servez[(46)].