L’ABBESSE.[→] Cela est vrai.

PAPHNUCE.[→] Ce qui m’inquiète davantage, ce sont les délais; je crains qu’elle ne retombe dans la société corrompue des hommes.

L’ABBESSE.[→] Pourquoi cette inquiétude? Que ne la renfermez-vous? La cellule que vous avez demandée est prête.

PAPHNUCE.[→] Tant mieux. Entrez, Thaïs, dans ce réduit, où vous pourrez convenablement pleurer vos désordres.

THAÏS.[→] Que cette cellule est étroite et obscure! Que ce séjour est incommode pour une femme délicate!

PAPHNUCE.[→] Pourquoi maudissez-vous cette habitation? Pourquoi frémissez-vous d’y entrer? Indomptée jusqu’à ce jour, vous avez erré sans contrainte; il convient aujourd’hui que vous receviez un frein dans la solitude.

THAÏS.[→] L’âme accoutumée aux plaisirs des sens ne peut se défendre de quelques retours vers sa première vie.

PAPHNUCE.[→] C’est pourquoi les rênes de la discipline doivent la retenir, jusqu’à ce que la révolte ait cessé.

THAÏS.[→] Avilie, comme je le suis, je ne refuse pas d’obéir aux ordres de votre paternité; mais il y a dans cette habitation un inconvénient bien difficile à supporter pour ma faiblesse.

PAPHNUCE.[→] Quel est cet inconvénient?