PAPHNUCE.[→] Qu’est-il arrivé?
ANTOINE.[→] Mon disciple Paul vient d’avoir une vision.
PAPHNUCE.[→] Appelez-le.
ANTOINE.[→] Paul, approchez, et racontez à Paphnuce ce que vous avez vu.
PAUL.[→] J’ai vu dans le ciel un lit magnifique, tendu de blanc, auprès duquel se tenaient debout et comme en sentinelle, quatre jeunes vierges brillantes de clarté. En admirant cette réjouissante splendeur, je disais à part moi: une telle gloire n’appartient à personne autant qu’à mon père et à mon maître Antoine.
ANTOINE.[→] Je ne me crois pas digne d’une semblable béatitude.
PAUL.[→] A peine avais-je achevé cette réflexion, qu’une voix divine et tonnante me dit: «Ce n’est pas à Antoine, comme tu l’espères, mais à Thaïs la courtisane, que cette gloire est réservée.»
PAPHNUCE.[→] Grâces soient rendues à la douceur de ta miséricorde, Christ, fils unique de Dieu, qui as daigné accorder cette consolation à ma tristesse!
ANTOINE.[→] Louons le Seigneur; il en est digne.
PAPHNUCE.[→] Je vais visiter ma captive.