THAÏS.[→] Voici que je commence à mourir.
PAPHNUCE.[→] C’est à présent l’heure de prier.
THAÏS.[→] Vous qui m’avez formée, ayez pitié de moi, et permettez que l’âme que vous avez soufflée dans mon sein retourne heureusement vers vous.
PAPHNUCE.[→] Toi qui n’as point eu de créateur, forme vraiment immatérielle, dont l’essence simple a formé de diverses parties l’homme qui n’est pas, comme toi, celui qui est, permets que les éléments dont cette créature humaine est composée rejoignent sans obstacle le principe de leur origine; que l’âme venue du ciel participe aux joies célestes, et que le corps trouve une couche paisible au sein de la terre d’où il est sorti, jusqu’au jour où cette poussière se réunissant et le souffle de la vie animant de nouveau ces membres, cette même Thaïs ressuscitera, créature complète comme autrefois, pour prendre place parmi les blanches brebis du Seigneur et entrer dans la joie de l’éternité[(79)]; ô toi, qui seul es ce que tu es, qui règnes dans l’unité de la Trinité, et qui es perpétuellement glorifié dans les siècles des siècles.
VI.
SAPIENCE.
ARGUMENT.[→]
Passion des vierges saintes, Foi, Espérance et Charité, que l’empereur Hadrien[(80)] fait périr par divers supplices sous les yeux de Sapience, leur vénérable mère, qui les exhorte, au nom de l’autorité maternelle, à supporter les tortures. Dès que le martyre est consommé, la sainte mère réunit les corps de ses filles, les embaume et leur donne une sépulture honorable à cinq milles de Rome. Elle-même, au bout de quarante jours, rend son âme au ciel, en prononçant auprès de leurs tombes les derniers mots d’une pieuse oraison[(81)].
SAPIENCE,[→]
ou
FOI, ESPÉRANCE ET CHARITÉ.