PAPHNUCE.[→] Persistez dans la crainte de Dieu et maintenez-vous dans son amour; car lorsque quinze jours se seront écoulés, vous dépouillerez votre enveloppe humaine, et, votre course ici-bas étant heureusement achevée, vous irez, avec le secours de la grâce suprême, habiter les astres.
THAÏS.[→] Oh! puissé-je échapper aux tourments de l’enfer, ou du moins être brûlée par des flammes moins ardentes! car je ne saurais obtenir par mes mérites la béatitude éternelle.
PAPHNUCE.[→] La grâce, ce don gratuit de la divinité, ne pèse point le mérite des hommes; car, si elle n’était accordée qu’aux mérites, on ne l’appellerait pas la grâce[(77)].
THAÏS.[→] Que le concert des cieux, que tous les arbrisseaux de la terre, que toutes les espèces d’animaux, que les gouffres même des lacs et des mers s’unissent pour louer celui qui non-seulement supporte les pécheurs, mais qui prodigue encore généreusement des récompenses gratuites à ceux qui se repentent!
PAPHNUCE.[→] Il a, de toute éternité, préféré la miséricorde aux châtiments[(78)].
SCÈNE XIII.[→]
Les mêmes.
THAÏS.[→] Ne me quittez pas, mon vénérable père! restez auprès de moi, pour me consoler à l’heure où mon corps va se dissoudre.
PAPHNUCE.[→] Non, je ne m’en irai point, je ne m’éloignerai point, jusqu’au moment où votre âme se sera élancée triomphante au ciel, et où j’aurai livré votre corps à la sépulture.