PAPHNUCE.[→] Exposez-moi l’histoire de votre régime intérieur et les degrés de votre repentir.

THAÏS.[→] Je ne puis vous dire qu’une seule chose, c’est que je sais n’avoir rien fait qui soit digne du Seigneur.

PAPHNUCE.[→] Si Dieu scrutait toutes nos iniquités, nul ne pourrait soutenir cet examen.

THAÏS.[→] Si cependant vous voulez savoir ce que j’ai fait: j’ai réuni dans ma pensée, comme en un faisceau, la multitude de mes fautes; je n’ai pas cessé de les contempler et de les repasser dans mon esprit. Aussi, comme l’odeur infecte de ma cellule ne quittait point mes narines, de même la crainte de l’enfer ne s’est pas éloignée un moment des yeux de ma conscience.

PAPHNUCE.[→] Parce que vous vous êtes punie vous-même par le repentir, vous avez mérité votre pardon.

THAÏS.[→] Oh! plût au ciel!

PAPHNUCE.[→] Donnez-moi la main, que je vous aide à sortir.

THAÏS.[→] Non, mon vénérable père! non, ne me retirez pas de ce fumier, souillée comme je suis: laissez-moi dans ce lieu bien digne de mes mérites.

PAPHNUCE.[→] Le temps est venu pour vous de déposer la crainte et de commencer à espérer la vie éternelle, car votre pénitence est agréable à Dieu.

THAÏS.[→] Que tous les anges louent sa miséricorde, puisqu’il n’a pas repoussé l’humble repentir d’un cœur contrit!