[Note 61], Page 291.
Tous ces détails techniques ont été tirés par Hrotsvitha des écrivains alors les plus autorisés. On peut voir l’explication des mots soni excellentes dans le chapitre IX de Martianus Capella et dans Remigius Altisiodorensis (ap. Gerbert., Scriptor. de musica, t. I, p. 65). On trouvera la définition des mots pressi soni dans le chap. VI du traité De musicæ disciplina d’Aurelianus Reomensis, écrivain du IXe siècle, recueilli par Gerbert (Loco citato, p. 35). Notre auteur emploie presque toujours textuellement les expressions de Boëce, qui traite de la musique non-seulement dans ses trois livres De musica, mais dans plusieurs endroits de son arithmétique.
[Note 62], Page 293.
Il est singulier que Hrotsvitha qui définit le quadrivium, ne parle pas du trivium. Le quadrivium renfermait, comme on vient de le voir, l’arithmétique, la géométrie, la musique et l’astronomie. Le trivium comprenait la grammaire, la dialectique et la rhétorique. Cette division des études au moyen âge se retrouve à peu près dans notre division actuelle en sciences et lettres. La réunion du trivium et du quadrivium constituait les sept arts libéraux, dont Cassiodore, Boëce et Martianus Capella ont traité avec étendue. Je vois déjà dans Boëce le mot quadrivium (Arithmet., lib. I, cap. 1); d’ailleurs, le partage des arts libéraux en sept branches est de beaucoup antérieur au Ve siècle. On se rappelle la LXXXVIIe épître de Sénèque qui commence ainsi: «De liberalibus studiis quid sentiam scire desideras.» Il fallait que ces notions élémentaires fussent quelque peu tombées dans l’oubli à la fin du Xe siècle, pour que Hrotsvitha ait pensé qu’il pouvait y avoir quelque mérite à les rappeler si hors de propos.
[Note 63], Page 295.
Cette bizarre division de la musique en céleste, humaine et instrumentale n’est point, comme on pourrait croire, une poétique fantaisie de Hrotsvitha; on la trouve dans tous les écrivains dogmatiques alors accrédités. Voyez, entre autres, Boëce (De musica, lib. I, cap. II) et Aurelianus Reomensis (ap. Gerbert., Loc. cit., p. 32).
[Note 64], Page 297.
Ici doctrine et nomenclature sont tirés de Martianus Capella: «Sonum, id est tonum, productionem vocavi (lib. IX, § 955).»
[Note 65], Page 297.
Censorinus donne de la consonnance (Symphonia) une définition beaucoup plus claire que Hrotsvitha: «Symphonia, dit-il, est duarum vocum inter se junctarum dulcis concensus (De die natali, cap. X, § 5).» Suivant Cassiodore: «Symphonia est temperamentum sonitus gravis ad acutum vel acuti ad gravem modulamen efficiens (De musica, p. 430, ed. 1589).» C’est évidemment de cette définition abrégée que Hrotsvitha a formé la sienne, qui a le double défaut d’être obscure et incomplète.—Le mot modulatio qu’elle emploie, a ici une signification tout à fait différente de celle qu’a reçue chez nous le mot modulation. Cette expression offre dans Hrotsvitha le même sens que dans Martianus Capella, quand il dit: «Modulatio est soni multiplicis expressio.»