[Note 66], Page 299.

Cette théorie mathématique des accords et des intervalles est tirée presque textuellement de Censorinus (De die natali), de Macrobe (Somnium Scipionis), de Martianus Capella, de Cassiodore, Boëce, saint Isidore de Séville, etc. Je trouve dans le Mystère de l’Incarnation et de la nativité, représenté à Rouen en 1474, une scène curieuse, que M. Onésime le Roy a citée dans ses Études sur les Mystères, et dont on pourrait croire le dessin et les détails imités de Hrotsvitha, s’ils n’étaient tout simplement puisés aux mêmes sources. Un berger mélomane, nommé Ludin, s’obstine à donner à un berger ignorant la leçon de musique suivante:

LUDIN. ...............Premièrement
Pour avoir de chant l’instrument,
Dont vient mainte joyeuseté,
Tu trouveras dyapenté
Qui contient troys tons et demy.

ANATHOT. Ludin, par ma foy, mon amy.
Se je y entons ne blanc ne bis;
Mais parle moi de nos brebis,
Et de ce qu’il leur appartient.

LUDIN. Puis deux tons et demy contient
Dyatessaron. Qui assemble
Les deux consonnances ensemble,
Il peut dyapason trouver.

ANATHOT. Autant en sçay je comment hier.

LUDIN. Numérables proportions
Ont grans participations
A ceux-cy, car avec Dupla
Tres grande conveniance ha
Dyapason. Puis me souvient
Qu’a dyatessaron convient
Sexquitercia, et après
De sexquialtera est près
Celle qu’on dit dyapenthé.

ANATHOT. Qu’est-ce que tu m’as raconté?
Je n’entends rien à tels propos;
Et seroient droitement bons mots
A garir les fievres quartaines, etc., etc.

L’édition imprimée de ce Mystère cite à la marge, comme autorité, quelques extraits de l’arithmétique de Boëce, abrégée par maître Johannes de Muris.

[Note 67], Page 301.